La gastronomie italienne à l’Unesco
La cuisine italienne candidate au patrimoine mondial de l’Unesco
La gastronomie italienne est officiellement candidate au patrimoine mondial de l’Unesco. Après l’art du pizzaiolo en 2017, c’est la cuisine italienne tout entière qui est candidate au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis le 23 mars 2023. Avec cinq reconnaissances agro-alimentaires déjà décernées à l’Italie, ce sont les coutumes et les savoirs locaux qui accompagnent la gastronomie italienne qui visent à être reconnus.
La gastronomie italienne à l’UNESCO
La gastronomie italienne est connue et appréciée dans le monde entier. Pâtes, pizza, tiramisu, risotto et pesto, tant de recettes iconiques et de spécialités italiennes universellement reconnues. Pourtant, la cuisine italienne ne figure pas encore au patrimoine culturel immatériel, à la différence de celle du Mexique, de la Corée, de la France et du Japon.
Avec 54 sites déjà inscrits à l’UNESCO, l’Italie se place dans le peloton des pays les plus représentés, juste derrière la Chine. La « Botte » bénéficie aussi de cinq reconnaissances agro-alimentaires inscrites au patrimoine culturel immatériel. De la diète méditerranéenne, à la taille de la vigne « en gobelet » de Pantelleria, en passant par l’art du pizzaiolo à la transhumance des troupeaux sans oublier la recherche et le cavage des truffes, les reconnaissances agro-alimentaires ont pour objectif de protéger les pratiques culturelles et les savoir-faire traditionnels.
Une mosaïque de traditions
Le 23 mars 2023, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Francesco Lollobrigida, a donc annoncé la candidature de la cuisine italienne au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Au-delà de la gastronomie italienne, c’est l’ensemble des « pratiques sociales, des rituels et des gestes fondés sur les savoirs locaux » qui sont appelés à être protégés au titre du patrimoine culturel immatériel. Ainsi, le gouvernent italien souhaite inscrire à l’UNESCO la cuisine italienne comme une mosaïque de traditions qui reflète la biodiversité culturelle du Belpaese et la richesse de son terroir, synonyme d’excellence, d’authenticité et de partage.
Une volonté qui nait dans le sillage de la pandémie et du confinement, alors que farine et levure sont les premiers produits à disparaître des rayons dans les supermarchés italiens. Les italiens ont cuisiné à la maison ce qu’ils avaient l’habitude de consommer au restaurant, à savoir la pizza, ce qui a démontré leur attachement à leur cuisine et leurs traditions culinaires. A-travers cette candidature à l’UNESCO, l’Italie espère que ses traditions culinaires, qui se transmettent en famille, soient reconnues comme « rite collectif d’un peuple qui conçoit la nourriture comme un élément culturel de son identité ».
La gastronomie italienne, une cuisine plurielle
Avec cette candidature, ce n’est pas simplement la cuisine italienne qui est défendue mais « la somme des diverses cuisines locales » de la Péninsule, comme l’explique Paolo Petroni, président de l’Académie italienne de la cuisine et membre du comité ayant élaboré le projet de candidature. Des cuisines locales qui s’appuient sur la richesse de leur terroir et de leur produit, de la montagne à la mer. La gastronomie italienne est donc plurielle et fortement ancrée dans ses territoires où la cuisine est un art inculqué dès le plus jeune âge en famille. Contrairement à la gastronomie française, la cuisine italienne est une cuisine « casalinga » née dans les foyers vouée à être partagée ce qui explique l’attachement viscéral que les italiens nourrissent pour leur culture et leur cuisine. La réponse de l’UNESCO, qui ne sera pas donnée avant 2025, est donc très attendue, d’autant plus que les origines de certains plats et produits typiques de la cuisine italienne, comme le tiramisù, la carbonara ou encore le Parmigiano Reggiano, sont remises en cause.
Pellegrino Artusi, le père de la gastronomie italienne
Pellegrino Artusi est le premier écrivain à avoir rassembler dans un seul recueil des recettes du quotidien de toutes les régions d’Italie. Un ouvrage, aujourd’hui encore, considéré comme la bible de la cuisine italienne et un reflet des coutumes et des traditions alimentaires locales. Chaque année, à Forlimpopoli, Pellegrino Artusi est célébré à l’occasion de la Fête Artusienne, la festa artusiana. Cette fête instaurée en 1997 est un événement gastronomique qui a pour but d’honorer l’héritage de Pellegrino Artusi, qui continue encore d’influencer la cuisine moderne.
L’édition 2023 met à l’honneur la cuisine italienne et sa candidature au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Du samedi 24 juin au 2 juillet, ce sont la biodiversité, la richesse du patrimoine gastronomique de l’Italie et ses racines historiquement populaires et paysannes, qui seront célébrées.
Une reconnaissance historique de la cuisine italienne
Le 10 décembre 2025, l’UNESCO a officiellement inscrit la cuisine italienne, dans son ensemble, sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette inscription constitue une première mondiale, car jamais auparavant une cuisine nationale n’avait été reconnue dans sa globalité. L’organisation onusienne souligne ainsi la valeur d’une véritable “façon de vivre la cuisine”, qui dépasse les seules spécificités régionales et englobe un modèle culturel fondé sur le partage, la transmission et le respect des produits.
Le verdict de l’UNESCO met ainsi en lumière ce que la cuisine italienne incarne : un véritable “rituel social et culturel”, fondé sur le partage, la transmission intergénérationnelle, le respect des produits locaux, des saisons et du terroir, ainsi que sur la valorisation d’une diversité régionale qui fait la richesse du pays.
Pour l’Italie, cette consécration n’est pas seulement un hommage culturel : elle représente aussi un levier concret pour renforcer la valeur ajoutée de ses produits, protéger plus efficacement ses traditions culinaires face à l’essor de l’“italian sounding” ces imitations qui prolifèrent à l’étranger et stimuler le tourisme gastronomique.
Ce succès consacre la cuisine italienne comme un patrimoine vivant, fait de mémoire, d’identité et de convivialité, et reconnaît un modèle culturel fondé sur le partage, la diversité et le respect des racines.

Merci pour cet article, d’origine Italienne (Sicilienne) et restauratrice jeune retraitée, je suis très fière d’avoir pris connaissance de cette belle aventure culinaire ! Merci encore pour ces partages et ces belles recettes.
Bonsoir Christiane, merci pour votre commentaire 🙂
Je suis ravie que la cuisine italienne qui a marqué toute mon enfance, et qui continue d’honorer ma table soit reconnue pour ses grandes qualités, ses savoirs faire, la richesse de sa diversité. Comme Christiane et bien d’autres, j’aime expérimenter bon nombre des recettes que vous nous faites le plaisir de partager. Grazie Mille
Bonsoir Françoise et merci pour votre message <3